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Constellations à reconnaître : les 10 premières à apprendre, saison par saison

Ciel nocturne étoilé pour apprendre à reconnaître les constellations
Photo : catalogue Canva Pro (licence de contenu Pro, usage commercial)

Pour découvrir les constellations les plus faciles à repérer, commencez par dix figures bien visibles depuis la France : la Grande Ourse, Cassiopée, Orion, le Taureau, le Lion, le Bouvier, la Lyre, le Cygne, Pégase et le Scorpion. Chacune se trouve à partir d'un repère simple, et chaque saison en met quatre ou cinq à votre disposition, sans aucun instrument.

Qu'est-ce qu'une constellation, exactement ?

Une constellation est un groupe d'étoiles auquel les civilisations ont donné un nom et une image. Les étoiles d'une même figure n'ont en général aucun lien entre elles : elles sont simplement alignées de notre point de vue, à des distances très différentes de la Terre. Le dessin est donc une convention, héritée de la tradition mais aussi de l'astronomie moderne.

Depuis 1922, l'Union astronomique internationale a fixé la liste officielle : 88 constellations, qui couvrent tout le ciel sans trou ni chevauchement. Chaque point du ciel appartient à une constellation et une seule, un peu comme chaque point d'une carte appartient à un pays. Quand on dit « Orion », on désigne à la fois la figure qu'on trace avec les étoiles brillantes et le territoire céleste qui l'entoure.

L'intérêt, pour un débutant, est purement pratique : les constellations sont les noms de rue du ciel. Une fois que vous savez retrouver quelques figures, vous pouvez dire à quelqu'un « regardez à gauche de la ceinture d'Orion » et il sait où poser les yeux. C'est aussi l'étape indispensable avant d'utiliser jumelles ou télescope, qui n'ont aucun sens si l'on ne sait pas où les pointer.

Pourquoi le ciel change-t-il selon les saisons ?

La Terre tourne autour du Soleil en un an. Selon le mois, la nuit nous place face à une partie différente du ciel : la région qui se trouve dans la direction du Soleil est noyée dans sa lumière, et c'est la région opposée que nous voyons en pleine nuit. Les constellations visibles à minuit en décembre ne sont donc pas celles de juin.

Deux effets se combinent. D'abord, la rotation de la Terre sur elle-même fait lever les étoiles à l'est et les fait se coucher à l'ouest au fil de la nuit, comme le Soleil. Ensuite, le tour annuel décale ce défilé d'environ quatre minutes par jour : une même étoile se lève donc plus tôt chaque soir, jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le crépuscule pour plusieurs mois.

Seules les constellations proches de l'étoile Polaire échappent à ce balancement. À nos latitudes, elles tournent autour du pôle céleste sans jamais passer sous l'horizon : on les dit circumpolaires. La Grande Ourse et Cassiopée en font partie, ce qui en fait les meilleurs points de départ.

Quelles sont les 10 constellations à apprendre en premier ?

Le tableau suivant résume les dix figures proposées, la saison où elles sont le mieux placées en soirée et le repère qui permet de les trouver. Les saisons indiquées valent pour l'hémisphère nord et pour des soirées, entre la tombée de la nuit et minuit environ.

ConstellationMeilleure saison en soiréeRepère pour la trouver
Grande OurseToute l'année (haute au printemps)Sept étoiles en forme de casserole
CassiopéeToute l'année (haute à l'automne)Cinq étoiles dessinant un W ou un M
OrionHiverTrois étoiles alignées : la ceinture
TaureauHiverÉtoile orangée Aldébaran et amas des Pléiades
LionPrintempsFaucille ou point d'interrogation inversé
BouvierPrintemps et début d'étéÉtoile orangée Arcturus, au bout de l'arc de la Grande Ourse
LyreÉtéÉtoile très brillante Véga et petit parallélogramme
CygneÉté et début d'automneGrande croix, Deneb en queue
PégaseAutomneGrand carré isolé dans un ciel peu brillant
ScorpionÉté (bas sur l'horizon sud)Étoile rougeâtre Antarès et queue recourbée

Vous n'avez pas besoin d'apprendre les dix d'un coup. Une constellation par soirée, retrouvée trois fois sur trois, vaut mieux que dix survolées. Les sections qui suivent détaillent chaque saison.

Quelles constellations repérer toute l'année ?

La Grande Ourse, la casserole du nord

C'est la figure la plus populaire du ciel du nord, et elle ne se couche jamais depuis la France. Sept étoiles dessinent une casserole : quatre forment la marmite, trois le manche. Elle est très haute dans le ciel au printemps en soirée, plus basse à l'automne, où elle frôle l'horizon nord sans le toucher.

Elle sert surtout de panneau indicateur. Les deux étoiles de l'arrière de la marmite, du côté opposé au manche, pointent vers la Polaire quand on prolonge leur alignement d'environ cinq fois leur écart. Dans l'autre sens, l'arc formé par le manche mène à Arcturus, dans le Bouvier, et se prolonge jusqu'à Spica dans la Vierge. Les astronomes amateurs résument cette suite par une formule : suivre l'arc jusqu'à Arcturus, puis filer jusqu'à l'Épi.

Cassiopée, le W du ciel

Cassiopée se trouve de l'autre côté de la Polaire par rapport à la Grande Ourse, à peu près à égale distance. Quand la Grande Ourse est haute, Cassiopée est basse, et inversement : elles tournent comme les deux plateaux d'une balance autour du pôle. Cinq étoiles de brillance proche tracent un W ou un M selon l'heure. Elle est également bien visible sur la bande de la Voie lactée, ce qui la rend riche en étoiles quand on balaie la zone aux jumelles. Elle est à son plus haut en automne en soirée.

Pour trouver la Polaire sans erreur, vous pouvez lire notre page consacrée à comment trouver l'étoile Polaire. C'est le point fixe autour duquel ces deux figures tournent, et le repère qui vous donne le nord.

Quelles constellations observer en hiver ?

Orion, la plus facile de toutes

Orion est probablement la constellation la plus reconnaissable du ciel, parce que ses étoiles sont brillantes et son motif net. Trois étoiles alignées et régulièrement espacées forment sa ceinture. Au-dessus, à gauche, Bételgeuse brille d'une teinte orangée ; en bas à droite, Rigel est franchement bleu-blanc. Ce contraste de couleurs est visible à l'œil nu pour peu que le ciel soit dégagé.

Sous la ceinture pend une ligne de trois points plus faibles, l'épée. Celle du milieu paraît floue : c'est la grande nébuleuse d'Orion, une pouponnière d'étoiles que l'on voit déjà aux jumelles comme une petite tache lumineuse. En prolongeant la ceinture vers le bas à gauche, on tombe sur Sirius, l'étoile la plus brillante de la nuit, qui appartient au Grand Chien.

Le Taureau et ses Pléiades

En prolongeant la ceinture d'Orion vers le haut à droite, on atteint Aldébaran, une étoile orangée qui marque l'œil du Taureau, puis un petit groupe serré d'étoiles : les Pléiades. À l'œil nu, la plupart des gens y comptent six ou sept étoiles, et davantage quand le ciel est très sombre. Aux jumelles, l'amas se révèle bien plus riche. C'est un des plus beaux spectacles du ciel d'hiver pour un débutant, et il ne demande aucun réglage.

Quelles constellations observer au printemps ?

Le Lion, une figure qui ressemble à son nom

Le Lion est une des rares constellations dont le dessin évoque vraiment l'animal. À l'avant, une courbe d'étoiles en forme de faucille, ou de point d'interrogation inversé, dessine la tête et la crinière. Son étoile la plus brillante, Régulus, se trouve au bas de cette faucille. Vers l'arrière, un triangle de trois étoiles marque la croupe. Il est haut dans le ciel sud en soirée au printemps.

Le Bouvier, guidé par la Grande Ourse

Le Bouvier a la forme d'un cerf-volant dont Arcturus, étoile orangée très brillante, est la pointe basse. On le trouve en suivant l'arc du manche de la Grande Ourse, comme décrit plus haut. C'est un excellent exercice : si vous réussissez à passer de la casserole à Arcturus, vous avez appris votre première technique de « saut d'étoile en étoile », la méthode qu'utilisent tous les observateurs pour naviguer.

Quelles constellations observer en été ?

Le triangle d'été et ses deux figures

Trois étoiles très brillantes dominent le ciel d'été : Véga, Deneb et Altaïr. Elles dessinent un grand triangle que l'on appelle le triangle d'été. Véga appartient à la Lyre, Deneb au Cygne et Altaïr à l'Aigle. Véga est la plus brillante des trois et se repère facilement presque au zénith, au milieu de la nuit, en juillet et août.

La Lyre est petite, mais son petit parallélogramme sous Véga est très net. Le Cygne s'étire dans le sens de la Voie lactée : on l'appelle la croix du Nord, avec Deneb à la tête et Albireo au pied. Albireo est une étoile double, que l'on sépare dans un petit télescope en une étoile dorée et une bleutée, un spectacle apprécié des débutants.

Cet endroit du ciel est aussi celui où la Voie lactée est la plus riche. Si vous voulez la voir, notre guide pour voir la Voie lactée détaille les conditions à réunir.

Le Scorpion, un défi depuis la France

Le Scorpion est magnifique mais bas : il reste près de l'horizon sud pendant les soirées d'été, et les régions du nord de la France n'en voient qu'une partie. Il faut un horizon dégagé vers le sud. Son repère est Antarès, une étoile d'un rouge orangé qui représente le cœur de l'animal, entourée d'une courbe d'étoiles dessinant les pinces et la queue recourbée. Plus vous êtes au sud, mieux vous le voyez en entier.

Quelle constellation observer à l'automne ?

Pégase, le grand carré

L'automne est la saison la plus pauvre en étoiles brillantes, ce qui rend Pégase d'autant plus facile à repérer : son grand carré se détache dans un ciel peu chargé. Il est plus vaste qu'on ne l'imagine, bien plus grand que le dessin qu'on s'en fait. L'une des étoiles de ses coins appartient en réalité à la constellation voisine d'Andromède. À partir de ce carré, une file d'étoiles part en s'éloignant et mène vers la galaxie d'Andromède, visible comme une tache pâle dans un ciel très noir. Cassiopée, juste à côté, aide à la retrouver.

Comment apprendre les constellations sans se décourager ?

Un planisphère qui se tourne selon la date est l'outil le plus simple pour cela : vous réglez le mois et l'heure, et la fenêtre montre le ciel du moment. Notre page comment lire une carte du ciel explique comment l'utiliser dehors, et celle sur la préparation d'une première soirée vous aide à organiser la sortie.

Pour apprendre à la maison, entre deux nuits claires, un support en volume aide beaucoup à comprendre où se situent les figures les unes par rapport aux autres : c'est le principe du globe Mova des constellations, dont le nom indique l'usage. Et pour retenir en s'amusant, surtout avec des enfants, des jeux de cartes et de plateau consacrés au ciel font le travail de mémorisation sans qu'on s'en rende compte.

Un bon réflexe : noter ce que l'on voit

Tenez un petit carnet. Notez la date, l'heure, le lieu, la météo et les figures reconnues. Après quelques semaines, vous verrez une progression, et vous comprendrez de vos yeux le décalage des saisons que nous avons décrit plus haut. Cela vaut aussi comme exercice de patience : les observateurs expérimentés disent souvent que la qualité d'un ciel se mesure à ce que l'on prend le temps d'y regarder.

Questions fréquentes

Combien de constellations voit-on depuis la France ?

On en voit une bonne partie au fil de l'année, mais pas les 88. Les constellations officielles ne sont pas toutes visibles de l'hémisphère nord : celles du ciel austral, comme la Croix du Sud, restent sous l'horizon. Et en une seule soirée, vous n'en verrez qu'une partie, selon la saison.

Faut-il des jumelles pour reconnaître les constellations ?

Non. Les constellations se reconnaissent à l'œil nu, et les jumelles ne servent qu'à fouiller l'intérieur des figures. Elles réduisent même le champ, ce qui rend l'identification plus difficile pour un débutant. Voyez notre page sur ce que l'on voit avec des jumelles quand vous serez à l'aise.

Pourquoi les constellations ne sont-elles pas les mêmes selon les pays ?

Le découpage officiel est commun à tous, mais les figures traditionnelles varient selon les cultures : là où les Grecs voyaient une ourse, d'autres peuples voyaient une charrue ou une casserole. Le nom importe moins que le motif.

Peut-on voir les constellations depuis une ville ?

Oui, mais seulement les plus brillantes, comme Orion, la Grande Ourse ou le triangle d'été. Les étoiles faibles disparaissent dans la lueur urbaine. Pour progresser, sortez de temps en temps vers un endroit plus sombre, comme l'explique notre page sur les lieux où observer en France.